Faut-il répondre à la violence par la violence ?

Je constate ces derniers temps un regain de violence qui sème la désolation à Haïti. Personnellement, je suis un fervent défenseur de la paix. Mais pour ceux qui font l’apologie de la violence dans le pays, recourir à la force est la seule solution pour renverser le pouvoir en place.

Si vous n’avez pas suivi les infos, sachez que depuis août 2018, avec le lancement du mouvement #PetroCaribeChallenge, il y a comme un vent de panique qui souffle sur le paysage politique d’Haïti. Certains hauts fonctionnaires de l’État qui se croyaient intouchables ne savent plus maintenant à quel saint se vouer.

Lancé sur les réseaux sociaux par une jeunesse en colère contre la corruption qui sévit dans le pays, ce mouvement a vite conquis l’âme d’une grande majorité de jeunes du pays qui en ont ras-le-bol du système en place. Et qui décide de couper le sommeil aux anciens et nouveaux responsables d’État, avec une seule petite question : #KotKòbPetroCaribeA (où est passé l’argent de PetroCaribe ?).

L’idée première de ce mouvement était de mener une lutte pacifique contre la corruption qui est devenue la norme dans notre société. Nous devons la combattre tous les jours afin de donner une chance à la nouvelle génération.

Quand le pouvoir rime avec la violence

Cependant, en face l’opposition radicale ne jure que par la violence. Car ici, l’alternance politique par la voie des urnes n’est pas monnaie courante. C’est la voix des rues et des armes qui décident de l’avenir politique en Haiti. Le but ultime de cette violence politique de l’opposition radicale est la prise du pouvoir ou à défaut, la déstabilisation du pouvoir en place.

Et malheureusement, cette violence aveugle ne fait qu’affaiblir la classe moyenne et semer le deuil au sein des couches les plus vulnérables de la société. Et à la lumière des expériences récentes, la population doit gagner en maturité. Car la violence politique n’est jamais en faveur des couches les plus faibles du pays. S’il est bien vrai que nous devons continuer la lutte contre la corruption, cependant nous ne devons pas tomber dans le piège des membres de l’opposition radicale.

Il arrive que, là où il y a injustice, il y ait une colère compréhensible. Mais depuis un certains temps on tue, on brûle des gens et on pille avec une trop grande facilité dans ce pays. Je me demande assez souvent : à qui profitent ces crimes ? Est-ce seulement à l’opposition radicale qui réclame à cor et à cri la démission du président de la République ?

Je peux me tromper, mais quelque chose me dit que les populations en souffrance qui veulent lutter pour défendre des valeurs démocratiques et se libérer de l’oppresseur peuvent quand même y arriver sans avoir eu recours à la violence. Comme dirait Scilla Elworthy, grande militante de la paix :

 Recourir à la force contre la force ne fonctionne pas.

Nous sommes en 2018. Nous devons changer de stratégie. Même si je suis conscient que nous sommes dans un monde violent. Mais ceci n’empêche pas qu’on peut mener des révolutions pacifiques contre un système qui n’accorde aucune priorité au développement intégral des couches les plus défavorisées de la société.

À propos de l'auteur

Nelson Deshommes

Vous êtes sur le blog de Nelson Deshommes. Je suis de nationalité haïtienne, journaliste indépendant, blogueur et chercheur en psycho-paranormal. Depuis 2010, je deviens un vrai passionné des nouveaux médias et des technologies numériques. Sur ce blog, au premier abord je désire vous faire découvrir la face cachée de la perle des Antilles. Son histoire, ses richesses culturelles et sa beauté naturelle.

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