Crise politique : Haïti rattrapée par ses vieux démons

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Crédit photo : Bill Hamway via Unplash/cc

La crise politique haïtienne est plus qu’un cancer. Elle est toujours présente dans notre société comme s’il s’agissait d’une fatalité. La crise actuelle ne porte pas uniquement sur les résultats des indicateurs sociaux-économiques et le dysfonctionnement de nos institutions.

 Elle est aussi une crise de moralité, de valeurs et de consciences.

Après une semaine de violentes manifestations antigouvernementales où les protestataires exigent le départ du président Jovenel Moïse, le pays respire un peu. Mais il reste quand même un lieu de non-droit pour les étrangers. Car il est clair qu’après les turbulences des dernières semaines, l’industrie touristique d’Haïti souffre de tous les maux de la terre.

En effet, depuis août 2018 avec le lancement du mouvement #PetroCaribeChallenge, on avait l’impression qu’il y avait un vent de panique qui soufflait sur le paysage politique d’Haïti. Car ce mouvement avait pour objectif entre autres de réveiller la conscience d’une population qui croupit dans le chômage, la misère et l’insécurité.

On peut bien accepter malgré nous l’injustice des uns et des autres. Cependant, il arrive toujours ce moment où le peuple crache avec rage sa colère.

Et comme a déclaré l’ex-secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie Michaëlle Jean : « Dans nos veines coule un sang d’insoumis. »

Et aujourd’hui, pendant que nos politiques sèment la terreur dans le pays, nous devons nous regarder en face. Car nous faisons tous face à cette réalité. Et nous ne pouvons plus faire comme si nous ne sommes pas responsable de ce qui arrive à notre pays. Nous avons notre part d’indifférence, de silence ou de complicité.

La dernière révolution 

La crise politique permanente que traverse notre pays n’est pas un châtiment. Elle découle de ce fossé qui existe dans la société : d’un côté, il y a le groupe des nantis et de l’autre, il y a ceux et celles qui luttent tous les jours pour trouver de quoi subsister.

Pour transformer cette situation, il n’y aura pas de miracle. Tout comme pour nos ancêtres, il n’y a pas eu de miracle. La crise politique, économique et sociale qui persiste dans le pays ne disparaîtra pas de lui-même. La justice sociale, le développement intégral de l’être haïtien dont nous rêvons tous sera le fruit d’une longue lutte.

Pour mener ce long combat contre des adversaires internes et externes, la nouvelle génération doit s’armer de patience, de courage et de détermination jusqu’à la victoire finale. Nous devons trouver la voie la moins mauvaise pour refaire l’image d’Haïti et enlever du même coup cette étiquette de pays instable qui colle à notre pays.

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