L’impossible combat du Président Martelly

le président haïtien Michel Martelly. crédit photo: Cancillería del Ecuador via flick.com

le président haïtien Michel Martelly.
crédit photo: Cancillería del Ecuador via flick.com

La politique du résultat c’est ce qui devrait caractériser le quinquennat du président Michel Martelly. Ce seraient des résultats visibles sur l’éducation, des preuves tangibles concernant l’emploi, l’énergie, l’environnement et l’Etat de droit. Cinq ingrédients qui ont totalement fait défaut au soir du mandat présidentiel de l’ancien chanteur. Si on ajoute la crise électorale comme cerise sur le gâteau, on comprend bien qu’à l’impossible personne n’est tenue.

Haïti est-elle vraiment un pays ingouvernable ? Quand ce n’est pas dame nature qui se déchaîne sur cette population, c’est cet éternel ouragan politique qui nous fait voir toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Les années se passent et se ressemblent. La guerre des classes qui fait rage actuellement dans le pays me semble-t-il être un combat interminable. La lutte pour le pouvoir entre la classe possédante et l’élite intellectuelle est devenue plus intense.  Si Gérard Latortue, l’ancien Chef du gouvernement pendant la transition avait déclaré « qu’à l’impossible nous sommes tenus », peut-on dans ce contexte espérer un miracle de l’actuel locataire du palais national ? Quand on sait par avance qu’il n’a jamais été un rassembleur.

Dans l’esprit de Michel Martelly et de son alter ego Laurent Lamothe, agir en faveur de l’électorat populaire est le meilleur moyen pour conserver  le pouvoir en Haïti. Sur ce point, l’ancien prêtre Jean B. Aristide n’oserait dire le contraire. Même si ce dernier avait été contraint pendant deux fois d’abandonner le pouvoir.

Bien évidemment, il faut admettre ce constat. Haïti n’a pas une véritable force d’opposition qui pourrait bousculer ce gouvernement. Cependant ils ne sont pas assez crétins. Ils comprennent aisément pourquoi  ce gouvernement tente partout les moyens d’apprivoiser la couche la plus pauvre du pays. Une couche populaire, jadis qui était soumise à l’ancien président Jean Bertrand Aristide comme une bonne femme soumet à son mari.

Maintenant il est clair, le président est dans l’impossibilité de changer le « système » qu’il avait tant proposé de démanteler, pendant qu’il était en campagne. Pourtant, il a bénéficié d’un support indéniable de la communauté internationale. Un appui des Etats-Unis très suspect dirait certains observateurs. Car il faut le rappeler, le parlement avait soupçonné le président Michel Joseph Martelly d’avoir la nationalité américaine.

Mais la réalité est là. Nous sommes au seuil d’une crise électorale qu’il a lui-même favorisée. Une crise qu’on n’arrive pas à éviter par le dialogue et le compromis. Comme quoi il faut approuver ce proverbe : « Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera…. ». Donc il n’y a rien de nouveau dans l’arène politique haïtienne.

Mais cela lui importe peu. A longueur de journée, le président Martelly danse, chante, sourit, et tente de faire croire à la population que tout va bien.

Contrairement à ses prédécesseurs, pour s’imposer il mise sur une puissante machine de propagande qu’il a consciencieusement mise en place. Cependant son bilan n’est pas tout rose comme il l’évoque souvent dans la presse internationale. Mais la lutte pour le pouvoir continue,  comme dirait Warren Buffett : «La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter.»

Alors il est temps que tous, hommes et femmes, chrétiens et non-chrétiens, les noirs et les mulâtres, se rassemblent, dans un grand élan de solidarité nationale, pour tenter de sauver notre patrie et par conséquent lutter contre sa disparition sur la carte mondiale.

 

2 Commentaires

  1. L’état actuel du premier État noir est un crève cœur. Vivement que les leaders de ce pays travaillent ardemment pour un meilleur devenir d’Haiti.
    Cordialement.

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