A la recherche d’une Capoise

une belle femme noire Crédit photo: Fernando Mafra via flick.com

une belle femme noire
Crédit photo: Fernando Mafra via flick.com

L’autre jour je me trouvai dans le bureau du tribunal de paix de la ville du Cap-Haïtien. Pas vraiment de bonne humeur. Car c’est toujours épuisant de se rendre dans un service public de mon pays, tant le service est nase.

Mais pour décrocher un nouveau boulot, je dois me présenter avec ce fameux certificat de bonne vie et mœurs. Alors je suis bien obligé d’y aller. Pour l’occasion, je porte un jeans bleu troué, des baskets et comme je suis encore ambassadeur volontaire du tourisme de la Côte d’Ivoire, je porte fièrement un t-shirt du ministère Tourisme du « pays des éléphants ».

Dès que je rejoins le bureau du secrétaire, je sens un parfum exaltant qui réjouit mon âme. Je me sens bien. Une minute plus tard, en feuilletant mon dossier d’une voix sobre, la jeune fille qui s’occupe de moi me demande : « Que venez-vous faire au Cap-Haitien« . J’hésite, car ce n’est pas la première fois qu’on me pose cette question. J’ai la tentation de lui demander pourquoi cette question, mais je ne veux pas me montrer impoli face à ce visage angélique qui m’attire.

Alors d’une voix grave, je réponds : « Je suis à la recherche d’une Capoise (fille de la ville du Cap) capable de donner un autre sens à ma vie « . Elle décroche un long sourire qui fait palpiter mon cœur. Et elle murmure :  » T’es vraiment différent des hommes de la capitale.  Ces derniers cherchent constamment une relation amoureuse avec les filles de la ville du Cap-Haitien. Puis elle ajoute : quel problème as-tu avec les filles de Port-au-Prince. « Je la regarde et affirme :  » Aucun. Je suis juste à la recherche d’une perle rare « .

Pour la première fois de ma vie, je comprends l’effet des mots sur une fille. Je sens qu’elle est satisfaite de ma réponse. Elle devait prendre dix minutes au max pour me servir, mais notre conversation était si amusante, qu’elle oublie la longue file d’attente de cette journée.

J’attends qu’elle m’invite à prendre un verre avec elle ce soir. Non, cela n’a pas été le cas. Elle veut savoir combien de fois j’ai vu Un prince à New York .  » Je suis sûre que t’as déjà vu ce film « , me dit-elle. Je ne vois pas l’utilité de cette question, moi ce que je veux, c’est la séduire tout simplement. Mais tout d’un coup, je perds mon humour. C’est grave !

Alors je réponds sèchement que j’ai vu ce film une dizaine de fois.  » Pas mal,  t’as l’air d’un vrai gentleman  » répond-elle ironique. Moi, j’ai envie d’avoir son numéro. Je ne sais pas comment m’y prendre. J’ai envie de la prendre dans mes bras, de humer son parfum, de goûter ses lèvres. Mais hélas ! Je n’ai plus envie de jouer, je n’ai pas de chance. Je ne veux plus voir mon cœur pleurer.

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