Haïti : l’Internet, l’autre couloir de la désinformation

Le paysage médiatique haïtien ne cesse de se modifier ces derniers temps. Nous assistons de jour en jour à l’émergence des médias en ligne. Et comme partout dans le monde, ce sont surtout les journaux imprimés qui ont subi plus durement ce bouleversement.

S’il est vrai que tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui veut dire implicitement qu’il a le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher des informations. Il est aussi important de souligner qu’il ne faut pas abuser de ce pouvoir.

On estime que l’ère de l’Internet augure, une plus grande démocratisation de l’information. Surtout dans les pays où la censure de l’Internet n’est pas une réalité évidente. Cependant, dans cet océan médiatique, malheureusement se faufilent un certain nombre d’apprentis diffamateurs qui, sous couvert de l’information, versent plutôt dans la désinformation et le propagandisme.

Cependant depuis quelque temps, je constate que l’administration du président Michel Martelly se laisse entraîner sur cette pente glissante, dans ce jeu malsain. En effet, les partisans proches du pouvoir ou des employés dévoués à cette cause ne ratent jamais une seconde pour nous submerger de soi-disant réalisations du pouvoir en place. Grandes ou moyennes, de l’inauguration d’une petite boulangerie, en passant par l’ouverture des latrines ou la réalisation d’un pont. Sur les deux réseaux sociaux, les plus utilisés par les internautes haïtiens Facebook et Twitter, le matraquage communicationnel flue en permanence.

De l’autre côté de la plaque, le décor n’est pas si différent. Les membres de l’opposition utilisent ce même couloir pour semer la confusion dans l’esprit des citoyens. Sans se soucier, des éventuelles conséquences désastreuses que cela pourrait engendrer dans le pays. A titre d’exemple : le 8 mai dernier, la ville du Cap-Haïtien a connu un moment de vive tension,  à la suite de rumeurs d’arrestation du sénateur du Nord, Moïse Jean- Charles.

CC by pixabay.com

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Tout comme dans les médias traditionnels, sans discernement tout ce qu’on découvre sur Internet est forcément vrai. C’est dommage ! Mais c’est un constat. En Haïti, on a affaire à un peuple naïf. Il est encore très difficile, pour certains d’entre nous, de dissocier le bon grain de l’ivraie. Sur la base d’une simple rumeur qui circule sur Internet, on peut constater que le pays est déjà à feu et à sang.

Pourtant, dans cette espèce d’infobésité qui tue parfois une bonne partie de l’information, le public devrait savoir comment faire le tri. Mais, pour l’instant ce n’est pas le cas. L’absence d’une loi sur les télécommunications, adaptée à notre réalité actuelle risque de faire beaucoup tort au pays.

2 Commentaires

  1. Mon je connais un peuple (québécois) tout aussi naif dont les politiciens profitent un peu pas mal beaucoup via les média. Et la désinformation sur internet est le pain actuel de toutes les administrations de la planète.

  2. Ha ces histoires là. L’internet est une monnaie à double tranchants ; le bien et le mal cohabitent amicalement dans le même espace. Je ne suis point étonné de ce constat. Mon seul regret, est de constater qu’il y a des travailleurs de la presse qui se laissent emporter par cette vague d’intoxication qui se propage sur la Toile, notamment sur les réseaux sociaux.

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