Haïti : 4 ans après, le feu de la solidarité s’est éteint

photo de Julien Mhttp://farm8.staticflickr.com/7268/6954442328_e848cffc9a_h.jpgarion via

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J’avais cru que c’était la fin. Ou du moins je n’avais pas imaginé la voir ressuscitée aussi vite. Mais timidement, sous les décombres et les odeurs nauséabondes des corps sans vies, des âmes sans abri, la vie avait repris son souffle  en Haïti, après le passage du puissant séisme qui avait ravagé la capitale haïtienne et les villes avoisinantes.

On me disait souvent, regardé le passé, c’est courir après le vent. Cependant, j’ai beau essayé de faire semblant d’oublier ce Mardi noir, cette heure calamiteuse, 16h 53 ! Hum ! Je n’arrive pas. Alors, c’est vrai, il y aura toujours un avant goudougoudou* et un après.

Et après ? On m’avait fait croire, derrière chaque malheur se cache un bonheur.  Quel bonheur, le bonheur de vivre dans un pays où ‘’ l’union fait la force’’,  le bonheur de constater qu’Haïti est habité par des haïtiens, et non pas par des simples voyageurs. Le bonheur de voir Haïti renaitre de ces cendres et enfin le bonheur de voir pousser dans nos âmes cette sens de solidarité que ce tremblement de terre, nous avait laissé comme héritage. Oui, ainsi je pouvais dire en toute conscience, ‘’ A quelque chose le malheur est bon.’’

Par contre, cette étoile de solidarité a disparu de notre sphère céleste. Elle est partie, un peu trop vite, nous laissant encore dans une profonde amertume, celle de voir la haine décroche une succession de victoire aux dépens de l’amour du prochain, et même l’amour de la patrie. Comme le chien retourne à son vomissement, oui ! Timidement nous avons décidé de reprendre nos vielles habitudes.

Pourtant, nous avons laissé filer entre nos mains, ce grand héritage de cette tragédie.

Au lendemain de ce cataclysme, j’avais eu la chance de découvrir, pour la première fois que le mot solidarité avait un sens en Haïti. Il n’y avait que des hommes et des femmes sur cette portion de terre. Les riches se mêlaient avec les pauvres, les mulâtres partageaient le même dortoir avec les noirs. On mangeait, pissait et bavassait ensemble, comme si la vie avait un sens à nos yeux.

J’avais constaté avec étonnement,  mais vraiment comme une trainée de poudre, le développement de cette solidarité à l’endroit du peuple haïtien. D’un seul cœur, d’une seule âme, les artistes étrangers et haïtiens, les footballeurs étrangers et haïtiens……les blancs et les noirs, les pays riches et les pauvres, ils étaient tous à notre chevet. Mais, hélas ! Le chak koukouy klere pou jew’ a repris sa place dans notre vie.

Après quatre années, les âmes sans abris nous réclament justice. Et la seule façon  d’acquitter à cette dette envers nos disparus, c’est de rallumer le feu de cette solidarité nationale.

À propos de l'auteur

Nelson Deshommes

Vous êtes sur le blog de Nelson Deshommes. Je suis de nationalité haïtienne, journaliste indépendant, blogueur et chercheur en psycho-paranormal. Depuis 2010, je deviens un vrai passionné des nouveaux médias et des technologies numériques. Sur ce blog, au premier abord je désire vous faire découvrir la face cachée de la perle des Antilles. Son histoire, ses richesses culturelles et sa beauté naturelle.

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4 Commentaires

  1. Un bel hommage de plus au « 12 janvier ». Je pense que, le sens de la solidarité dont tu parles est encore là, peut-être, 4 après après le séisme, cette solidarité ne sert plus plus à RE-construire, ce qu’a écrasé « goudou-goudou. Dommage !

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