Carnaval des fleurs, les nécessités…………et le désir

 

via pixabay.com par MJO

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Plusieurs dizaines de milliers de carnavaliers étaient au champ de mars à (Port-au-Prince) les 28, 29 et 30 juillet pour la deuxième édition du carnaval des fleurs. Cette festivité culturelle en pleine saison estivale attire plusieurs milliers haïtiens vivant dans le pays et dans la diaspora. Mais était-il vraiment une nécessité ou un simple désir ?

Nous prenons toujours le malin plaisir de confondre le désir et le besoin. Cependant en aucun cas, le désir ne peut être confondu avec le besoin. En effet, les besoins naturels expriment des manquent impérieux qu’il faut nécessairement combler.

Alors que le pays était sous une poudrière, une tension politique explosive, avec la mort suspect du Juge Jean Serge Joseph, le désir du Président de la République d’organiser pour une deuxième fois le carnaval des fleurs était incontournable.  Pour la réalisation de cette fête populaire, le gouvernement et ses partenaires ont déboursé environ 97 millions de gourdes soit 164965 dollars américains.

Ce qui est important pour le Président de la République, c’est de vendre une autre image d’Haïti à travers le monde. Et pour cela, il est prêt à tout sacrifier pour atteindre son objectif. La culture haïtienne et le tourisme sont des leviers puissants qui peuvent offrir au pays cette visibilité positive à l’échelle internationale.

C’est vrai, nous avons dépensé beaucoup d’énergie à vendre nos misères, nos souffrances et nos déboires aux pays étrangers, cependant le constat est là. Nous n’avons jamais fait un pas de plus vers le changement et le progrès.

On dit couramment que le désir est très capricieux. Si tel est le cas, ce carnaval des fleurs était- il un besoin nécessaire qu’il fallait combler ou du moins un simple désir d’un homme qui se laisse aller à suivre tous ses désirs et fantasmes. En effet, la priorité selon plus d’un devrait être l’organisation des élections, car nous avons besoin 722 millions de gourdes (1$ = 43.391)  pour la réalisation de ces joutes électorales. Et pourquoi nous attendons à la communauté internationale de financer nos élections, pourtant nous ne faisons pas bon usage de l’argent des contribuables ?

Alors pourquoi dépenser 97 millions de gourdes dans une activité qui ne peuvent pas nous garantir une stabilité politique, alors que cette assise démocratique est en péril ? Attendons de voir ce qui va se passer en janvier 2014.

Mes chers dirigeants, je vous invite à vous prendre au sérieux. Car avec ou sans vous, cette nouvelle Haïti dont nous rêvons tous va voir le jour.

10 Commentaires

  1. Si vous avez 10 euros et que vous en dépensez 9 pour vous nourrir aujourd’hui, alors demain quand vous aurez faim, il vous en restera que 1 euro. Alors oui, le carnaval des fleurs peu sembler être un caprice dépensier, mais le but est bien là, dépenser 7 euros pour investir dans le futur avec une grande chance de retomber économique et se nourrir qu’avec 1 euro et garder le reste pour demain. Cette politique me semble plus appropriée. Encore un truc, il n’y aura jamais de stabilité politique sans un vrai développement économique, alors oui, je suis d’accord avec le gouvernement dans cette perspective- le carnaval des fleurs doit avoir lieu tous les ans. Les temps est au développement économique, pas à la politique, en tant que démocrate je dis haut et fort : il y en a marre de la politique.

    1. Merci Mike pour votre commentaire qui a mon avis a beaucoup de sens. cependant nous vivons dans un monde ou la communication a une importance capitale. quand un gouvernement choisit de communiquer sur certaines choses et parfois ne soucie pas d’informer la population sur d’autres choses de grande importance pour la population, alors là, il y a moyen d’etre inquiet. la question economique est un sujet très sensible, le gouvernement devrait s’expliquer à tout moment pour calmer la population.

  2. « N’allons-nous pas chercher midi à 14h, Nelson. A qui s’attendait-on, quand un pays est dirigé par des gens qui ne gouvernent qu’à la satisfaction insatiable de leur mégalomanie ? »

    Bonjour,

    Je ne serais dire mieux, tout est dit ci dessus.Bravo !!Si vous le permettez, je rajouterai que cela est partout pareille.

    http://www.youtube.com/watch?v=TwmM5Nb6hiE

    mais n’oublions pas que l’argents n’est rien…

    1. L’argent n’est rien, c’est vrai. cependant dans un pays pauvre comme la notre, nous devons utiliser le peu de fric que nous avons pour soulager les peines de la population.

  3. « C’est vrai, nous avons dépensé beaucoup d’énergie à vendre nos misères, nos souffrances et nos déboires aux pays étrangers, cependant le constat est là. Nous n’avons jamais fait un pas de plus vers le changement et le progrès ». Nelson, j’ai l’impression de voir le Cameroun, l’Afrique et en général tous les autres pays « pauvres » dont Haïti bien évidemment. On dépense pour des « choses » vraiment infondées, et après on a les poches vides. On court quémander chez le voisin riche, celui-même qui nous enfonce un peu plus dans le gouffre tous les jours. Changeons! Changez chers dirigeants. Comme j’aurais voulu avoir des fleurs sans épines! Impossible apparemment. Nelson, j’aime bien ce rapprochement entre la fête et les dures réalités de la vie. Cameroun-Haïti, trop de ressemblances!

    1. « Changeons! Changez chers dirigeants »Je crois, si je peux me permettre que le changement de dirigeants n’est pas la solution car trop superficiel et cosmétique, les maux sont plus profond et les défauts structurels du modèle supposer démocratique (? ! ?) sont les mêmes partout (attention, mon approche est globale et non uniquement à un continant)….Madame ou mademoiselle kouagheu MERCI ,pour ce commentaire plein de bon sens,Merci!

  4. N’allons-nous pas chercher midi à 14h, Nelson. A qui s’attendait-on, quand un pays est dirigé par des gens qui ne gouvernent qu’à la satisfaction insatiable de leur mégalomanie ?
    En effet, malgré des voix qui s’élèvent, en dépit des manifs contre la tenue de ce carnaval, les dirigeants ont fait la sourde oreille, et atteint leurs objectifs : noyer le peuple dans l’ambiance pour le faire oublier sa misère. Voire que l’Haïtien est amnésique.
    Apres des folles dépenses pour la tenue de cette bamboche populaire, on s’attend déjà que dans les jours qui suivent, l’Etat aille se plaindre pour un manque de fonds pour organiser les élections, pour la réouverture des classes ? Que le ciel nous épargne de ce malheur.

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