Haïti: le créole est-elle une barrière linguistique?

via mondecran.blogsport.com

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On peut bien croire, qu’il y a quelque chose qui va changer en Haïti. On en parle et reparle, qu’une autre Haïti est possible. Cela va s’incarner dans le subconscient des citoyens. C’est de bonne guerre de penser de manière positive. Cependant, dans la perspective d’une nouvelle Haïti, il ne faut surtout pas oublier le débat sur la langue créole. Le créole c’est notre identité, notre culture de peuple. On ne peut pas continuer à faire un débat stérile sur l’utilisation de langue créole dans l’éducation du peuple haïtien. Aujourd’hui, dans la société haïtienne, si vous pouvez s’exprimer en français, cela vous confère automatiquement une supériorité par rapport à un autre qui ne parle que notre créole. Si vous présentez un projet en créole, vous avez moins de chance d’être accepté face à un concurrent présentant son projet en français. C’est marrant, mais c’est bien notre réalité.

Selon Wikipedia, une langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus. Si l’on tient compte de cette définition, on comprendra bien vite que le créole est une langue au même titre que le français, l’anglais et l’espagnol. Cependant depuis notre indépendance, on n’arrive pas à faire un bon choix, à savoir dans quelle langue doit-on éduquer les enfants haïtiens. Il faut dire tout naturellement  la majorité des haïtiens sans besoin d’aller à l’école, ils parlent créole. Par contre, c’est cette même langue qui est banalisée et mettre au second rang par rapport à la langue de l’ancienne métropole.

Aujourd’hui, on ne sait pas trop quelle est la langue parlée par les haïtiens. Car ce qu’on entend soit à la radio ou par les communs des mortels n’est ni français et ni créole. Donc, il faut un vrai dialogue entre tous les secteurs de la société civile pour résoudre une fois pour toute cette dichotomie, qui en fait n’arrange pas ni les citoyens qui sont pour une utilisation stricte et sans discrimination de langue créole et ni ceux et celles qui sont pour l’adoption totale de la langue française dans le pays.

En effet, il faut souligner,  la constitution haïtienne admet que le français soit une langue nationale au même titre que le créole. Cependant en dépit de cela, le créole, notre langue maternelle, est la plus utilisée par plus de quatre vingt pour cent des citoyens haïtiens, contre vingt pour cent de la population qui peut s’exprimer tant bien que mal dans la langue de Voltaire.

Il faut espérer, qu’avec l’académie de la langue créole qui vient d’être crée, on va pouvoir rehausser la beauté et l’utilisation de cette langue dans le pays. Et notamment forcer les autorités étatiques à lutter contre la discrimination du créole et du même coup œuvrer pour l’épanouissement de la langue créole dans les caraïbes et dans toute l’Amérique.

À propos de l'auteur

Nelson Deshommes

Vous êtes sur le blog de Nelson Deshommes. Je suis de nationalité haïtienne, journaliste indépendant, blogueur et chercheur en psycho-paranormal. Depuis 2010, je deviens un vrai passionné des nouveaux médias et des technologies numériques. Sur ce blog, au premier abord je désire vous faire découvrir la face cachée de la perle des Antilles. Son histoire, ses richesses culturelles et sa beauté naturelle.

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4 Commentaires

  1. Mwen panse ke pwoblem lan dwe rezoud depi kounya a. pandan nap fe refleksyon sou lang lan nou fe l an franse epi tout komante yo ale nan menm sans lan. Son w pwoblem ki lwen pou rezoud men sa kap fe fos nou se si nou kontinye konba sa a jiskaske nou pote la viktwa.

  2. Ce qui est franchement triste est que les Haïtiens, pour la plupart, ne sont pas déjà bilingues comme les Guadeloupéens ou les Martiniquais. Oui, le créole est une langue distincte, mais quand on constante qu’entre 90 et 95% de son vocabulaire est d’origine française, il ne devrait pas être SI difficile pour apprendre le français. Le vrai problème est le système d’éducation, qui manque cruellement de ressources et de bons professeurs. Exiger un élève de payer pour assister à une école publique est scandaleux.

  3. Définitivement, à force de lire dans mes pensées, tu finiras pas me devancer dans tous mes projets de billet de blog. Je suis trop pareusseux. Lol.En effet, depuis quelques mois déjà, je me suis planché sur ce sujet, mais il m’a manqué un peu de concentration. Et voiulà maintenant, tu viens avec un titre qui en parle. J’adore sincèrement.Quoiqu’il en soit, je te promets sous ma réflexuin sur le meme sujet.
    Bravo pour le titre.

  4. Je constate que l’utilisation du créole est problématique, même dans un pays où il est une langue officielle.
    À l’île Maurice, nos langues officielles sont l’anglais et le français (pas le créole). Depuis des années on débat sur son enseignement à l’école. Mais il faut déjà savoir quel créole. Les linguistes proposent différentes graphies et, même si on parle tous le même créole, les expressions peuvent changer selon nos origines géographiques et sociales. Notre créole permet à ceux qui ne parlent ni le français, ni l’anglais de se faire comprendre par tous les autres Mauriciens. Ce serait dommage de leur dire « tu as parlé créole pendant 30 ans, mais ce n’était pas le bon. On va t’apprendre LE créole du dictionnaire ».
    Finalement, à l’île Maurice c’est probablement l’officialisation du créole qui en ferait une barrière.

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