Haïti: Chaque semaine Sainte a son Rara.

rara

<<La musique nous charme quoique sa beauté ne consiste que dans les convenances des nombres et dans le compte des nombres dont nous ne nous apercevons pas. >>, Écrivait Leibniz  dans Le principe de la nature et de la grâce. En dehors de la politique, on dirait que tout va bien pour notre chère Haïti. Il  y a environ un mois, la république célébrait de façon spectaculaire la musique haïtienne dans presque toute  sa composante avec la réalisation du carnaval national au Cap-Haïtien, c’est  l’une des activités culturelles très populaires dans le pays. En effet, depuis la nuit des temps, la musique, l’élément roi de notre culture reste notre allié de choix face à un pays d’angoisses et de tensions.

Heureusement, la musique est là, pour calmer la tension de la population face à l’équation des élections, que le gouvernement de l’ancien chanteur Martelly, n’arrive toujours pas à résoudre. Alors là,  c’est la semaine Sainte, si l’on tient compte du calendrier chrétien de l’église Catholique romaine. Et  c’est aussi la fête pour les citoyens de la paysannerie haïtienne, c’est  le Rara qui est à l’honneur à partir de cette semaine, dite Sainte par les catholiques.

Le rara, est une fête populaire ponctuée de défilés, de danse et de musique, il est  un symbole de l’identité haïtienne. Il se déroule traditionnellement pendant la semaine de Pâques. Les percussions et les danses jouent un rôle fondamental dans l’expression de cette activité culturelle. Le rara est une manifestation visible du vaudou haïtien qui agit  trop souvent dans le marronnage. Les danses du rara sont accompagnées par un ensemble de  tambours. Les éléments musicaux les plus caractéristiques du rara sont : les percussions,  sifflet, cornet, (frèt Kash), les chants et la vaksin (une flûte de bambou à une seule note) ; d’autres instruments sont également présents, comme des trompettes, des saxophones, des flûtes, des tambours et d’autres percussions.

Beaucoup de citoyen considère le rara comme une manifestation rurale, par rapport au carnaval que plus d’un veut faire croire que  c’est une fête urbaine. De toute façon, je m’inscris dans la liste des gens qui considère le rara comme une activité culturelle de la paysannerie haïtienne. En effet, si on observe la ville de Léogane qui est le bastion des bandes de rara et notamment les provinces du Bas- Artibonite et des Nippes, on voit clairement quel catégorie de personne qui prend part à ces genres de festivités.

Certaines personnes voient dans cette manifestation, un carnaval original des esclaves ne pouvant pas participer au carnaval des colons. C’est la thèse de ceux qui soutiennent que le carnaval est d’origine africaine. Car, à dire vrai le rara s’organise toujours un peu plus tard après le carnaval.

Malheureusement, si on nous raconte que le rara et le vaudou font partir intégrante de notre culture,  les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas tous le privilège de se baigner dans cette racine de notre culture, sous prétexte de pactiser avec le diable, selon les messages des évangélistes protestantes.

De toute façon, si c’est une faute, elle est bien sous la responsabilité du ministère de la culture, qui ne joue pas vraiment son rôle pour protéger la population haïtienne face au phénomène de l’acculturation qui renvoie de plus en plus au second rang notre propre culture.

À propos de l'auteur

Nelson Deshommes

Vous êtes sur le blog de Nelson Deshommes. Je suis de nationalité haïtienne, journaliste indépendant, blogueur et chercheur en psycho-paranormal. Depuis 2010, je deviens un vrai passionné des nouveaux médias et des technologies numériques. Sur ce blog, au premier abord je désire vous faire découvrir la face cachée de la perle des Antilles. Son histoire, ses richesses culturelles et sa beauté naturelle.

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