Un baiser qui n’arrive jamais….

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Pendant mes vacances à Brooklyn, l’un des quartiers de la commune de cité soleil. Mes voisins reçoivent leur petite-fille, Andréa qui arrive de Paris, la capitale de la lumière. Plus brillant que le soleil, sexy et séduisante, d’un teint éclatant avec des lèvres fines, bref Andréa me plaît bien et je m’entends bien avec elle.

Un jour, il était presque dix-sept heures, après avoir pris son dernier repas, avant même le coucher du soleil. Andréa m’invita à aller faire un tour du plus grand bidonville du pays. Une invitation qui tombe, parce que je ne faisais rien en cette fin de journée. Ses grands-parents ont deux vieilles bicyclettes et un casque. Nous prenons chacun un vélo et notre sac à dos, nous sommes donc partis à l’aventure.

Arrive le moment d’un baiser

En choisissant de passer uniquement par les ruelles, nous nous sommes offert des rencontres, des échanges assez cordiaux avec les enfants. Chaque quartier de ce vaste bidonville présente le même tableau : des maisonnettes délabrées, des rues très étroites et des visages délavés par la misère atroce qui se vit dans ce ghetto.

Alors que nous pédalons à notre rythme, nous avions eu tout notre temps pour discuter de tout ce qui est beau dans ce monde. Nous nous posons souvent pour se regarder et s’échanger quelques sourires. Á l’écoute de notre corps et nos cœurs, l’espace d’un instant nous nous s’apprêtons à échanger un long baiser.

Le coup tonnerre

Tout à coup, alors que le ciel étant assombri, nous avons entendu une grande détonation. Elle a eu peur sur le coup. Mais moi j’ai gardé mon sang-froid. Nous n’avions pas pu identifier d’où provenait ce bruit qui vient d’éteindre la flamme de nos désirs.

Quelques minutes plus tard, le bruit était devenu de plus en plus fort. On dirait des rafales de tirs. S’exclame-t-elle. Oui. C’est bien vrai. Ce sont des tirs nourris que nous avions entendus. Les gens couraient dans toutes les directions. L’un et l’autre, nous étions inquiets.

Nous nous agitons pour trouver le chemin du retour. C’est le moment maintenant d’entendre des cris assourdissants. Des corps inertes et des flaques de sang jonchaient les ruelles. Des femmes et des enfants crient sans cesse.

Nous nous sommes regardés sans piper mot. La nuit s’était faite. Nous nous retrouvons dans une rue noire, trempée de sang comme s’il y avait une fine pluie qui venait de s’abattre sur ce bidonville.

Malgré des efforts, Andréa n’arrivait plus à pédaler. Elle ne pouvait même pas se tenir debout. D’autant que des tirs sporadiques se font entendre à chacun de nos pas. Comme si nous étions au beau milieu d’une guerre civile.  Andréa n’en pouvait plus, elle s’est jetée sur moi. Elle a vraiment peur. Elle a tenté de crier de toutes ses forces, mais ses cris étaient restés enfermés dans sa poitrine.

Heureusement, au moment où nous allions faire face à deux hommes, sales et armés, une patrouille de police arrive à notre secours. Alors que les policiers nous demandaient de nous identifier, nous nous sommes empressés de monter à bord du véhicule. Les policiers nous ont conduits tranquillement chez nous.

La peur au ventre, les parents d’Andréa, attendaient avec impatience le retour de leur fille. Maintenant, à la maison je me suis assis, j’étais mort de fatigue, la sueur avait collé sur mon visage, mais j’ai éprouvé une grande joie d’avoir sorti sain et sauf de cette situation. Sauf que je ressens quand même un profond sentiment de remords. Est-ce parce que je n’ai pas eu le temps de goûter les lèvres d’Andréa ce soir-là ?

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