Pour une journée mondiale sans information

Crédit photo: Thomas Leuthard

Crédit photo: Thomas Leuthard

Nous sommes en 2016. Grâce aux nouveaux outils de communication, nous avons l’impression que le monde devient tout petit. Certains diraient faussement que notre monde devient un petit village. En effet, l’information n’a plus de frontières. En un seul clic, chaque citoyen de la planète peut savoir ce qui se passe à travers le monde. Nombreux pensent qu’on sait tout, qu’on voit tout et qu’on partage tout. Au revoir le temps des grands secrets !

Avec l’expansion des réseaux sociaux, l’information est devenue virale. Nous devenons peu à peu de grands consommateurs d’information. Aujourd’hui,  beaucoup de citoyens du monde se plaignent, du fait qu’ils se noient dans ce grand océan d’information.

Entre-temps,  sur la Toile se livre un combat entre producteurs et consommateurs de l’information. On donne, on vend et on partage l’information  à tous ceux qui se connectent. D’ailleurs, le slogan à la mode aujourd’hui est : il n’y a pas plus con que celui qui n’est pas connecté.

Ainsi donc, il est de plus en plus difficile de sortir de ce carcan. Au contraire, beaucoup de consommateurs se transforment petit à petit en producteurs d’information.

Je partage, donc je suis

Un autre phénomène gagne encore du terrain, avec le support des nouvelles technologies, mais surtout des gadgets électroniques : le journalisme citoyen.  Ces derniers se multiplient, notamment dans les pays en développement comme des grains de sable au bord de la mer.

Avec eux, c’est la démocratisation totale de la publication et la distribution des informations. Les journalistes professionnels n’ont plus le monopole de l’information. Là où les journalistes traditionnels  ne peuvent arriver à temps pour recueillir l’info, le journaliste citoyen avec son smartphone en main, trouve et publie des informations en temps réel.

Ces nouveaux acteurs qui produisent et partagent des informations dérangent encore plus. Nous sommes constamment bombardés d’informations au nom de la liberté de partager ou du libre accès à l’information. Puisque l’infobésité ne tue pas, nous prenons un malin plaisir à tout partager.

Comme pour laisser une empreinte de notre passage dans cet univers numérique, nous partageons tout ce qui nous tombe sous nos yeux. En effet, nous n’avons jamais eu accès à tant d’informations dans le monde. Mais à quel prix ? Et si nos publications quotidiennes servaient à cacher les véritables informations ?

S’il est bien vrai que nous ne pouvons pas vivre sans information, il est encore plus évident qu’on ne saurait être esclave de la dictature de l’information en temps réel. Une journée sans information aurait donc pour objectif de favoriser la prise de conscience collective pour agir contre cette vague d’information qui pollue notre vie en permanence.

Il ne s’agit pas seulement de lutter contre l’infobésité, mais aussi de donner aux population la chance d’avoir accès aux véritables informations. Celles qui ne sont pas accessibles au commun des mortels. Car le réel n’est pas toujours ce que l’on voit et l’on entend tous les jours, mais ce que l’on aurait dû savoir à chaque seconde de notre existence.

3 Commentaires

  1. Un billet d’une argumentation aussi solide que le roc. Le texte reflète bien l’image de ce geek passionné des médias sociaux, dont tu ne cesses de faire montre depuis quelques temps. Excellent travail frangin.

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