La Première dame et le Sénat

« Ça te dirait, un siège au sénat de la République, pour ton anniversaire ? », avait-il demandé à sa femme quelques mois avant la fin de son mandat présidentiel. La Première dame était tout émue, face à l’idée de trouver pour la première fois un siège au sénat. Et ceci, à défaut de pouvoir succéder à son mari à la présidence. Elle accepte tout bonnement la proposition du président.

L’idée était bonne. Elle avait décidé de tout abandonner pour embrasser une carrière politique.

Elle voulait continuer au sénat de la République l’œuvre de son mari. Tandis que les jours approchent, elle était aux aguets, même sur le qui- vive. Elle avait décidé de rassembler ses documents. Elle n’avait négligé aucun détail. Car on ne sait jamais. Il y a des rats partout dans cette ville. Et les documents des personnalités importantes disparaissaient assez souvent. Oui,  en effet, la femme du président, elle aussi est une personnalité très importante.

Alors par mesure de précaution, elle avait exigé de son mari des soldats très bien entraînés pour surveiller jour et nuit la mallette rose qui contenait ses pièces. De toute façon, elle ne voulait pas rater cette chance pour rien au monde.

Cependant en plus des rats, il y avait aussi les opposants à son mari, qui, on dirait par la puissance des loas du vaudou ont eu vent de cette nouvelle. De ce fait, le président resta cloîtrer dans son bureau, il multiplia les rencontres.

Par le simple fait, qu’il avait eu beaucoup de mal à tenir sa promesse. En effet, ce n’était pas une simple nomination. Et abandonner ce projet, pour lui ce serait faillir à sa mission.

Enfin ! Le jour J étant arrivé. La tension de la Première dame montait subitement.  Elle devait communiquer ses pièces aux responsables de la commission électorale.  Non, elle n’est pas une enfant. Elle ne porte pas non plus des rubans roses. Et ce n’était pas non plus son premier jour de classe.

De ce fait, elle ne se faisait pas accompagner par le président de la République, comme elle avait pris l’habitude de le faire souvent quand elle va au marché. Elle était seule face à son destin.

Après une petite pause devant les membres de la commission électorale. L’inquiétude gagna son âme. Son sac était très lourd. Malaise, la peur du verdict, on n’avait jamais vu la femme du président aussi faible. Après quelques minutes, elle reprenait son souffle, et elle avait décidé alors d’ouvrir son sac et remettre les documents pour une analyse complète de son dossier.

Elle était inquiète, vu qu’on l’avait soupçonné de préparer un mauvais coup contre la République des bossales. Les mauvaises langues croient savoir qu’elle est de nationalité douteuse. Sachant que les nationalistes de ce pays, ne tolèrent en aucun cas la double nationalité.

Le verdict? La population le connaissait déjà. Le président l’avait vu venir. Sa promesse relève-t-elle de la folie? Non. C’était juste un des plus grands rêves du président de la République des cons.

Mais hélas, la Première dame ne sera pas au parlement. Elle n’aura pas ce cadeau d’anniversaire. Confuse, honteuse elle se met totalement en retrait.

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