Haïti : je suis candidat et je ne connais pas La Dessalinienne

Lundi 18 mai 2015, les Haïtiens ont célébré en grande pompe les deux cent douze ans de la création du bicolore. Entre l’offrande des fleurs au monument de l’empereur Jean Jacques Dessalines, minute de recueillement et sonnerie aux morts en hommage à l’empereur, en passant par la traditionnelle parade scolaire sur la place d’Armes de l’Arcahaie. Tout y était pour un devoir de mémoire.

Notre drapeau bleu et rouge qui, jadis fut le symbole de l’unité de tout un peuple. D’un pays qui se veut être terre de liberté. Était au centre de ce grand évènement.

Mais aujourd’hui, c’est avec quel sentiment nous célébrons la fête du drapeau ? Est-ce que notre bicolore a encore un sens aux yeux de la jeunesse haïtienne ? N’est-ce pas la routine qui nous amène à célébrer cette fête ?

Des questions vraiment très importantes qui méritent bien des réponses concrètes. Car dit-on dans toute société, la jeunesse constitue l’avenir du pays. Justement est-ce que cette jeunesse est capable de prendre la relève ?

Il y a quelque temps, je me demandais combien d’enfants haïtiens connaissent aujourd’hui La Dessalinienne : L’hymne national de la République d’Haïti.  Lors d’un reportage qu’on organise à l’occasion de la fête du bicolore, je constate malheureusement que des élèves en classe terminale n’arrivent pas à entonner sans difficulté La Dessalinienne.

Une situation qui me porte à la réflexion. Oui, nous sommes à la veille des élections. Et alors une stupide question me vient à l’idée : est-ce qu’il n’y a pas aussi des candidats qui ne connaissent pas l’hymne national ?

Et la réponse est sans appel ! Oui vous devinez juste, il existe bel bien des candidats au sénat et à la députation qui ont toutes les peines du monde quand il s’agit d’entonner La Dessalinienne.

Ainsi une autre question me vient à l’esprit sommes-nous vraiment des étrangers sur notre propre sol ? Car c’est l’impression que j’ai de mes compatriotes. On dirait inconsciemment bon nombre d’entre eux partagent l’avis du grand écrivain Amin Maalouf qui disait dans son roman titré les désorientés:

C’est d’abord à ton pays de tenir, envers toi, un certain nombre d’engagements. Que tu y sois considéré comme un citoyen à part entière, que tu n’y subisses ni oppression, ni discrimination, ni privations indues. Ton pays et ses dirigeants ont l’obligation de t’assurer cela ; sinon, tu ne leur dois rien. Ni attachement au sol, ni salut au drapeau. Le pays où tu peux vivre la tête haute, tu lui donnes tout, tu lui sacrifies tout, même ta propre vie ; celui où tu dois vivre la tête basse, tu ne lui donnes rien.

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *