Haïti: Elections, qui n’est pas candidat?

Dans le vacarme de la machine électorale, en ce temps de fièvre des élections en Haïti. Une curiosité exceptionnelle s’est emparée du public. À cause d’une maladie mortelle, appelée  « candidatite » qui frappe subitement un bon nombre de mes concitoyens. La passion d’acquérir du bien plus rapidement serait la principale motivation de la majorité de ces candidats.

J’ai ouï dire puisque Michel Martelly est devenu président de la République, alors  n’importe qui peut oser se porter candidat aux prochaines compétitions électorales. Car tout est possible en Haïti. Si vous ne me croyez pas, vous pouvez toujours contacter le plus grand juge du pays, Lamarre Belizaire. Il est l’homme le plus sain de notre appareil judiciaire. Et sans le support inconditionnel de ce magistrat de grand calibre, nous ne saurions quoi faire de nos bandits légaux.

Bref, revenons sur le sujet de nos chers candidats. On me dit que, notre société serait bien mal faite si à chaque élection on aurait seulement eu deux ou trois candidats à la présidence. Alors là, la démocratie serait vraiment en danger en Haïti. Mais aujourd’hui, qui n’est pas candidat ?

Eh bien moi, je ne suis pas dans le jeu. Non. Mon heure n’est pas encore venue. Oui, j’aime le luxe, la noblesse et tous les plaisirs qui accompagnent le pouvoir. Cependant je ne suis pas prêt à corrompre les âmes les plus pures. Juste pour assouvir mon désir d’être homme d’État, en faisant croire que je suis un apôtre du changement.  Maintenant,  je suis libre de venir vous dire dans ce billet : je ne suis candidat à aucun poste électif.

Je sais, dans de pareilles comédies, les politiques ne vont manquer aucune occasion, de venir vous raconter qu’il n’y a absolument pas d’autres moyens de servir son pays, en dehors du pouvoir politique. Heureusement je ne suis pas un bon comédien, sinon il me serait permis de jouer le premier rôle dans ce cirque. Alors méfiez-vous des faux prophètes. Ils sont tous candidats. Ils sont là, presque dans tous les recoins de nos villes et dans nos médias traditionnels qui ne s’intéressent qu’aux dossiers politiques.

Beaucoup viendront  vers vous comme le nouveau messie, et vous faire l’éloge des élections. Oui, c’est bien de voter. Mais eux, pour concrétiser leur rêve, ils ne vont pas s’interrompre de se tuer ou de mordre leurs adversaires. Ainsi, point besoin de vous dire, combien vous devez être plus vigilants et malin comme un singe.

Certes, pour sauver la patrie, chacun va devoir apporter sa pierre. Cependant, il est clair, il n’y a pas de politique sans morale. C’est absolument inévitable pour la santé de la démocratie. Alors pour tenter de redresser la barque du pays, il nous faut encore une autre révolution. La révolution mentale. Vous n’y croyez pas ? En réalité nous ne sommes plus enchainés physiquement, mais mentalement malheureusement nous le sommes encore.

Alors, si vous êtes sûrs que par des élections frauduleuses et des candidats sans aucune vision, nous arriverons à bâtir une Haïti libérée du despotisme, de la corruption et du grand banditisme. C’est bien évidemment une manière passive de vous évader dans des rêveries sur un pays idéal qui ne se réalisera jamais.

À propos de l'auteur

Nelson Deshommes

Vous êtes sur le blog de Nelson Deshommes. Je suis de nationalité haïtienne, journaliste indépendant, blogueur et chercheur en psycho-paranormal. Depuis 2010, je deviens un vrai passionné des nouveaux médias et des technologies numériques. Sur ce blog, au premier abord je désire vous faire découvrir la face cachée de la perle des Antilles. Son histoire, ses richesses culturelles et sa beauté naturelle.

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